Biens Communs Numériques : actionner les leviers d’une pensée politique dans la recherche universitaire.

En 2013-2014, le Master Recherche en sciences de l’information et de la communication de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense consacrera l’un de ses axes à la question des biens communs numériques.

Dans un contexte où information et savoir connaissent une numérisation croissante, au moment où les institutions se saisissent progressivement des questions liées à l’open data, cette nouvelle filière est la première formation universitaire Infocom à mettre en avant cette problématique. Coordonnée par Louise Merzeau et Michel Arnaud, elle visera à donner une assise théorique et scientifique aux actions et discussions actuellement menées autour de la question des biens communs.

En rencontrant Louise Merzeau, nous avons souhaité revenir sur le contexte politique et économique dans lequel s’inscrit cette initiative, et analyser les enjeux qu’induit un ancrage de la notion de « biens communs » dans les formations professionnelles en matière de numérique.

En rencontrant Louise Merzeau, ce qui frappe dans le discours, c’est une force de conviction attentive à ne pas perdre de vue les valeurs intellectuelles et humaines placées dans la recherche. Ce qui ne nous échappe pas, ensuite, c’est l’exigence d’une posture réflexive et auto-critique qui trouve ses appuis dans une expérience quotidienne auprès des étudiants et dans une analyse pointue du sens de la « transmission » et de ses modalités opératoires.

Une posture agile comme réponse aux contingences d’un secteur de la recherche et de l’éducation en cours de réforme, une contre-offensive aux glissements perçus comme néfastes d’un système en recherche de modèles, ici les équipes pédagogiques s’efforcent de tirer parti des contraintes structurelles du système universitaire et de mettre à profit les potentialités du web pour apporter des propositions formelles innovantes en terme de pédagogie.
Interrogeant la capacité des laboratoires à affirmer leur identité et à rendre lisible leur positionnement dans le maillage des formations, cette proposition marque sur le fond un tournant en ce qu’elle introduit une pensée du politique dans les formations dédiées au numérique à l’université.
Cette proposition affirme donc le rôle qu’a à jouer la recherche dans la gestion des mutations sociétales en engageant la responsabilité de ses acteurs. Elle fait de l’université un lieu d’articulation de la pensée des communs numériques au sein d’un processus de construction d’un écosystème de la connaissance ouverte.

Cadrage

Alors que le projet de loi Fioraso agite ces derniers mois la sphère de l’éducation, nous avons demandé à Louise Merzeau un éclairage sur la situation de l’enseignement et de la recherche en France.
Soulignant l’impact des réformes de l’université sur les formations, l’influence des processus d’analyse et la nature parfois contradictoire des recommandations aux enseignants, Louise Merzeau explique la manière dont les équipes pédagogiques se positionnent et inventent, à l’instar de son expérience sur l’ouverture de l’axe biens communs de l’Université Paris Ouest.

« Chaque réforme de l’université, chaque nouveau projet d’orientation s’accompagne de recommandations avec lesquelles les équipes pédagogiques doivent manœuvrer. Il faut arriver à garder la tête froide dans la gestion de ces contraintes » explique Louise Merzeau en pointant du doigt les principaux traits caractérisant ces orientations qui tendent souvent à négliger la singularité des formations au profit d’une vision top-down.

Processus d’analyse et d’évaluation des formations : « le tout statistiques »

Un des critères, devenu dominant dans la réforme de l’éducation, est l’évaluation, souligne Louise Merzeau. Critère qui se fait à l’exclusive sur tout autre et qui vise à mesurer le degré de professionnalisation des formations.
« Ce que l’on entend par professionnalisation, c’est la capacité à produire un certain nombre de résultats en terme d’embauche, de niveau de salaire pour les étudiants qui sortent d’une formation et qui ont trouvé un poste. Ces critères deviennent prédominants pour l’ensemble des masters y compris pour les masters de recherche. Il y a maintenant une exigence portée auprès des équipes pédagogiques pour recueillir par elles-même un certain nombre de statistiques. Les établissements sont aussi chargés de ce travail. Tout cela se met en place tant bien que mal dans les universités, de manière assez irrégulière. »
Autre critère d’évaluation des diplômes par l’institution, outre les débouchés, ce sont les ratios entre le nombre d’inscrits et le nombre d’admis. Dans un contexte où beaucoup de masters recherche ont perdu des effectifs, ce critère nuit à la diversification des formations et amène les équipes pédagogiques à trouver des alternatives au sein des formats existant pour préserver ces diversités.

Cadrage par le haut : les déficiences d’une vison panoptique

Par cette tendance à la statistique et par ce recours à une vision par le haut, l’identité même des formations s’en trouve souvent négligée.
Louise Merzeau tend à rappeler que chaque formation est le fruit d’une histoire qui lui est propre, et puise sa dynamique dans les lieux et par les équipes dont elle est constituée.
« Il y a des explications qui viennent de l’institution universitaire qui motivent certains formatages des diplômes. » Cette tendance à prendre une photographie à l’instant « t » de toutes les formations en France produit une vision parcellaire, incomplète.

Un système universitaire sous l’influence d’un marché volatile

En soulignant certaines contradictions du système, Louise Merzeau met en exergue la complexité dans laquelle se trouve le secteur de l’éducation à réformer.
En effet, à l’instar du projet de loi Fioraso, certaines mesures tendent vers une réduction du nombre de diplômes, et en particulier du nombre de masters, pour assurer une certaine « lisibilité » des programmes de formation et des parcours. Dans ce contexte, l’argument du « faire-valoir des compétences à l’international » est souvent « instrumentalisé » en ce sens, souligne Louise Merzeau.
À l’inverse, sous l’influence d’un système universitaire soucieux des tendances d’un marché volatile, les équipes reçoivent des directives allant dans le sens d’une incitation à créer de nouveaux diplômes pour dynamiser les formations.

Contexte de mise en œuvre

À Paris Ouest, le département Infocom regroupe trois masters Pro et un master recherche.
Engagées dans un processus destiné à faire évoluer les formations, les équipes pédagogiques ouvrent des champs d’étude qui conduiront sans doute dans un an ou deux à la création d’un nouveau master pro. Parmi les axes envisagés, Louise Merzeau évoque notamment le « transmedia documentaire ».

Dans l’intervalle, Louise Merzeau a repris en main une partie du Master Recherche.

Dans un contexte où, rappelle-t-elle, les masters pro attirent beaucoup d’étudiants au détriment de la recherche, les équipes travaillent à faire évoluer les maquettes des masters recherche vers des formes plus hybrides. Ainsi, les masters recherche deviendront de plus en plus des modules greffés sur les masters pro.
Cette forme permet de pallier au problème des effectifs en baisse empêchant l’ouverture de nouvelles formations, et permet en ce sens de se porter garant de la diversification de la recherche.

L’axe du master « biens communs numériques »

Sur cette base existante et contraignante et dans la perspective d’une évolution de l’offre de formation en Infocom, Louise Merzeau a décidé de moderniser la formation en changeant les modalités d’enseignement et d’évaluation des étudiants et en ouvrant la formation au-delà de l’enceinte des cours et du public des étudiants inscrits.

Les inspirations

Cette démarche puise ses inspirations au travers deux expériences :

Webinaire « Neutralité du Net, Economie de l’attention et Biens communs ». 2013.

D’une part, le système similaire mis en place par Jean-Michel Salaün à l’ENS de Lyon au sein du Master Architecture de l’information. Dans ce master a été mis en place un webinaire, séminaire en ligne que les étudiants contribuent à préparer et documenter. Ce travail fait l’objet d’une évaluation au titre pédagogique. Séminaire en ligne auquel qui peut assister et participer tout internaute, via Google+ et son système de hangout, et par une diffusion sur Youtube en direct et en différé. Ce système, souligne Louise Merzeau, permet d’ouvrir considérablement l’audience des événements.

enmi12Newsroom des Entretiens du Nouveau Monde Industriel 2012, Salle Triangle, IRI, Paris. Décembre 2012.

D’autre part, les réflexions menées par Louise Merzeau dans le cadre des Entretiens du Nouveau Monde Industriels 2012.
En effet, en décembre 2012, un dispositif d’éditorialisation collective de cet événement avait été mis en place par l’IRI et Knowtex, dispositif mettant à l’œuvre une trentaine d’étudiants du BTS multimédia de Boulogne et de Master STE de la Sorbonne dans une démarche de couverture et d’écriture live. Ce travail avait été suivi d’un barcamp en avril 2013 à l’IRI au cours duquel Louise Merzeau avait analysé le dispositif dans le contexte d’une réflexion plus globale portée sur le transmedia documentaire.

Les innovations

Pour ce master, il s’agit donc de reformater l’un de deux axes existants pour le consacrer entièrement au thème des Biens Communs du numérique.

Un Webinaire.
Tous les cours qui entraient dans cet axe étaient peu raccordés les uns aux autres, et simplement regroupés sous l’intitulé « culture informationnelle et médiation socio-technique ». En concertation avec l’équipe, l’idée est de travailler désormais sur un même thème, valorisant chacun à sa manière son approche, ses compétences. Les cours se redéfinissent donc dorénavant comme des atelier consacrés à l’organisation du webinaire.

Concevoir l’évaluation autrement.
L’évaluation portera sur la participation active, la préparation, l’animation, l’organisation y compris technique du webinaire par les étudiants.

Créer les conditions de la participation.
Au sein des masters et particulièrement en ce qui concerne la recherche, les démarches pro-actives de la part des étudiants sont nécessaires à un développement favorable des projets.
Cette participation des étudiants s’avère cependant bien en-deçà des ambitions des équipes pédagogiques, Louise Merzeau pointe du doigt l’inadaptation des formes dites « traditionnelles » de la pédagogie, qui ne fonctionnent plus du tout, y compris avec des étudiants potentiellement intéressés.
« On a attendu pendant plusieurs années, sous prétexte de Web2.0, que les étudiants adoptent une attitude de participation active. Puis on s’est rendu compte que cette injonction venant d’en haut, visant le travail des étudiants mais pas celui des enseignants, était inappropriée. La participation de se decrète pas ! » insiste Louise Merzeau.
Louise Merzeau a donc pris le parti de mettre d’emblée les étudiants dans une posture active sans nécessairement passer par une phase d’apprentissage de l’outil.

Développer des processus d’écriture agiles.
Par ailleurs, partant du constat que beaucoup d’étudiants avaient des capacités de manipulation d’un certain nombre d’outils et que tous savaient faire des choses assez élaborées formellement, Louise Merzeau pense qu’il faut laisser dans une certaine mesure aux étudiants le choix de l’outil.
« Il y a de plus en plus chez les étudiants une certaine maîtrise technique des outils du Web 2 qui présente une forme de facilité d’accès et d’assimilation. Il faut exploiter ces compétences de faire des étudiants pour les rapatrier dans du travail théorique. » explique Louise Merzeau.

Inventer des modèles d’exigence.
Si le modèle magistral et canonique ne fonctionne plus, il faut réinventer des modèles mobilisant les compétences à produire de la recherche. Ainsi, Louise Merzeau voit en la conception de nouvelles méthodes de participation un désir d’exigence d’une recherche portée à son plus haut niveau qualitatif. « L’idée n’est pas de faire du ludique, affirme-t-elle, mais de remonter le niveau d’exigence du processus de recherche »

L’écosystème et les partenariats

MUTUALISATION ENTRE UNIVERSITÉS

Mutualisation entre structures universitaires pour dynamiser la formation.
L’organisation du webinaire s’appuie sur des accords individuels ou des partenariats entre des formations. De cette manière, les sessions du webinaire sont amenées, dans le temps, à se multiplier, facilitées par ce système de partenariat.
En plus d’être une solution à beaucoup de problèmes et de contraintes institutionnelles, les partenariats sont de nature à dynamiser les formations.
Plutôt que de multiplier les formations, on peut créer des passerelles, ce qui permet d’enrichir les formations sans en recréer de toute pièce.
Cela permet d’autre part de valoriser un diplôme tout en nourrissant son contenu.
Cela offre plus de souplesse sans avoir à passer par des cohabilitations ou des co-diplômations, démarches généralement assez lourdes. On peut par exemple mutualiser au niveau de l’UE, à l’instar de Jean-Michel Salaün qui intégrera le webinaire dans son propre master.

Les partenaires :

Master 2 professionnel des Métiers du Livre :
En raison de sa proximité (les deux Masters font partie de l’offre de formation de Paris Ouest), un partenariat entre le Master 2 professionnel Métiers du Livre de Saint-Cloud et l’axe bien commun du Master recherche semblait évident.
Cette mutualisation permet d’apporter une dimension de recherche à ce master professionnel, en ouvrant notamment les questions de la propriété intellectuelle du livre et du droit d’auteur pour lesquelles les étudiants de ce secteur demeurent particulièrement concernés, sur la notion de biens communs.
« Il semble important d’exposer ces problématiques auprès des acteurs des métiers du livre, y compris les acteurs économiques », explique Louise Merzeau, « dans la mesure où, sans faire de généralités, ces secteurs paraissent souvent frileux ou réticents à ces dynamiques de partage, dont ils ne perçoivent pas les tenants et les aboutissants, et qu’ils voient comme une menace par rapport à leurs modèles économiques. »

Il s’agit donc d’introduire, y compris au niveau des formations, des réflexions :
– sur la mise en place de nouveaux modèles de médiation
– sur la sauvegarde et/ou la réinvention de modèles économiques pour les libraires par exemple
– ou encore sur le partage des livres, de plus en plus exclu aujourd’hui par les systèmes techniques et les logiques de chaque distributeur.

LES LABORATOIRES DE RECHERCHE ASSOCIÉS

L’axe « biens communs » du Master Recherche s’appuyera sur le laboratoire TACTIC, dirigé par Louise Merzeau. Celui-ci est en phase d’évolution puisqu’il a rejoint le laboratoire DICEN au CNAM, dirigé par Manuel Zacklad, pour former une unité de recherche plus importante, DICEN-IDF, regroupant trois établissements : l’Université Paris-Ouest Nanterre-La Défense, le CNAM et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée.
En ce sens, le master actuel constitue un prototype qui pourrait devenir à terme un master de recherche commun aux trois établissements.

LE RÉSEAU DE STRUCTURES PARTENAIRES

Un partenariat informel s’est conclu avec le collectif SavoirsCom1.
C’est par le biais des échanges entre Louise Merzeau et plusieurs acteurs de ce collectif que l’idée a germée et que le thème des « biens communs » s’est précisé.
Une collaboration apportant une valeur ajoutée pour les deux parties. Pour le collectif, il s’agit d’ajouter une part théorique et pédagogique, à côté de la dimension plus activiste des principales activités du collectif.

Universités, dispositifs connectés et connaissance ouverte

Réflexivité et regard sur l’identité numérique des laboratoires de recherche

Instaurer un webinaire, c’est d’abord repenser l’identité numérique des formations. Dans un contexte où l’univers de la recherche et son enseignement manquent de reconnaissance, Louise Merzeau pose la question du positionnement et de la visibilité des chercheurs. Elle interroge la capacité des laboratoires à se définir, s’affirmer et être identifiés.
Dans le renouvellement des formes de la pédagogie, et plus précisément dans la capacité des formations à se saisir des outils d’écriture numérique pour repenser la transmission et le partage de la connaissance, se jouent des enjeux de communication.
À l’instar du Master Architecture de l’information de Jean-Michel Salaün, les propositions de l’équipe pédagogique du Master Biens Communs induisent une volonté de revoir les stratégies de communication des formations universitaires et impliquent une exigence portée à la construction de leur propre e-reputation.
Ces questions sont finalement centrales, explique Louise Merzeau, car elles conditionnent la capacité des formations à recruter avec pertinence les chercheurs qui construiront ensemble le socle théorique de chaque formation.

Ouvrir le dialogue par des dispositifs connectés »

À ce niveau d’étude, on observe une grande hétérogénéité des effectifs, avec des étudiants ayant parfois très peu d’ancrage dans le contexte de la recherche et la discipline » explique Louise Merzeau.
Le système du webinaire permet, par une ouverture aux auditeurs et conférenciers extérieurs à l’université, de mobiliser en France et à l’étranger, des publics concernés autour des sujets engagés.

Vers une université ouverte

Outil de dissémination de la connaissance, le webinaire, formalisé en tant que dispositif éducatif universitaire, affirme un positionnement ouvert de l’institution pédagogique et constitue le manifeste d’une intégration plus officialisée des processus de collaboration et de contributions dans la transmission.

Biens communs numériques

Les enjeux d’une pensée politique du numérique à l’université

« Il y a un risque dans un certain nombre de ces mouvements autour de l’ouverture des données, de la neutralité du net, des biens communs, c’est le fait d’être confiné dans une posture purement activiste, qui est évidemment nécessaire mais qui peut être contreproductive vis à vis de certains acteurs et notamment des étudiants. » met en garde Louise Merzeau.

Face au constat de méconnaissance par les étudiants des enjeux politiques qui touchent aux biens communs, Louise Merzeau identifie un besoin bien réel de faire rentrer cette dimension au sein des formations universitaires, et cela de la manière la plus formalisée possible.
« Les étudiants témoignent d’une vision et d’une pratique du web extrêmement consumériste. La question des biens communs numériques n’est souvent perçue que sous l’angle économique ou juridique. En revanche, ils ont du mal à penser la dimension politique de ces questions. »

« Dans le domaine de l’éducation et du numérique, ces questions semblent encore aujourd’hui à la marge », explique Louise Merzeau en soulignant également un potentiel d’actions qui pourraient faire suite à ce travail théorique.

Construire la société du commun

Traitant des biens communs informationnels, immatériels et numériques, le travail des étudiants du master portera en premier lieu sur la question des ressources et sur les modalités de partage de ces ressources. Notamment parce que les ressources numériques posent un problème particulier, dans la mesure où celles-ci sont constitutivement partageables, de par leur reproductibilité et leur viralité.

La notion de biens communs induit également la notion de communauté, cette dernière manifestant une certaine intention et volonté de partager ces ressources.
Il s’agira donc de traiter du lien entre ressources et communauté, en tant qu’elles servent pour une communauté à définir un cadre d’échange, de partage et finalement, à terme, à se définir elle-même.
Ce qui fait de la question des « biens communs » une question politique, et soulève des enjeux de gouvernance.
Plus largement, la formation touchera aux questions liées à l’ouverture des données, l’open-data, la neutralité du net, la propriété intellectuelle, le partage dans le web 2, les nouvelles formes de présence en ligne, ou encore les questions d’appropriation des biens culturels sous droits.

Transmettre les armes de l’action

Le challenge porté par l’équipe pédagogique du master et de ses partenaires est donc bien de réintroduire toutes ces notions dans une pensée politique, en particulier du web. Car si les pratiques de partage se sont développées ces dernières années, Louise Merzeau dénonce des logiques de silot des grandes firmes et invoque le besoin d’un contrepoint autour de la défense des biens communs. Cela n’empêche pas une articulation avec la prise en compte des logiques économiques. L’ouverture des données peut aussi se faire dans l’objectif de valoriser des ressources.
Sans adopter une posture anti-marché, il s’agira de repenser à la base ce qui est commun, et ce qui est mis à la disposition des acteurs d’une société, que ce soit les individus pour des pratiques d’échange social, ou les entreprises, pour générer de nouveaux marchés.

Si Louise Merzeau défend avec ferveur la dimension recherche au sein de l’université, elle ne perd pas de vue la nécessité d’apporter aux étudiants des compétences pratiques d’interventions, intégrées dans le master recherche, qui pourront conduire les étudiants à exercer professionnellement leur expertise dans des cabinets, des ONG, ou encore au sein de collectivités locales.

 

Interview de Louise Merzeau. 27 mai 2013. À propos de l’axe « biens communs numériques » du Master Recherche en Sciences de l’Information et de la Communication de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense.

 

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