Simon Sarazin

Entretien avec Simon Sarazin enregistré le 5 avril 2017 à Saint-Étienne (France) en collaboration avec Yann Heurtaux dans le cadre de L’Expérience Tiers-Lieux – Fork The World Biennale Internationale Design 2017.

Simon Sarazin

Le réseau des tiers-lieux libres et open source

Les initiatives des tiers-lieux à Lille

Le réseau des communs à Lille

L’assemblée des communs à Lille

L’objectif de l’Assemblée des communs est de relier les acteur des communs qui n’ont pas aujourd’hui d’espace où partager. Cela recouvre les gens qui font de l’agriculture et qui travaillent sur les semences paysannes comme ceux qui font du logiciel libre, qui travaillent sur la connaissance ouverte ou encore qui montent des espaces de travaillent ouverts qu’ils gèrent ensemble.

L’Assemblée des communs relie les individus. Elle leur permet de s’outiller ensemble, de développer leur propre infrastructure et de faire le lien avec l’institution publique.

Le rôle de l’assemblée est également de penser la Chambre des communs, une deuxième structure dédiée à gouverner, vis-à-vis des communs, l’argent qui vient du public comme du privé. La Chambre des communs a son fonctionnement propre, mais c’est bien l’Assemblée des communs qui va être en mesure de développer cette brique-là.

Au niveau de l’Assemblée des communs comme de la Chambre des communs, il y a plein de choses à faire. Mais le premier objectif est déjà de donner de l’espace pour travailler sur ces problématiques-là, et de favoriser la réplication.
Pour faciliter la réplication, d’une part, nous mettons à disposition les outils que nous utilisons. D’autre part, nous avons essayé de neutraliser ces outils. Par exemple, le wiki des communs se nommait auparavant le wiki de Lille.

Nous essayons de mettre de la neutralité dans ce que nous produisons pour encourager la réappropriation par d’autres territoires.

De même pour la Legal Service For Commons, structure juridique dont je parlais précédemment. Nous l’avons nommé la L1, c’est-à-dire qu’il peut y avoir une L2 si une deuxième structure se met en place à Lille, ou une ST1 si une structure similaire se monte à Saint-Étienne par exemple.

En synthèse, nous tendons à rendre nos productions très neutres et très copiables, et nous documentons autant que possible.

Nous avons de super documentateurs à Lille, qui, comme à Saint-Étienne, écrivent beaucoup.


Quel est le canal principal qui rassemble cette documentation ?

Le principal canal qui rassemble la documentation des Assemblées des communs est le Wiki des communs.On y décrit ce qui se passe avec les assemblées des communs. Un tchat a été mis en place également.
Enfin, le site de l’Assemblé des communs de Lille est lui-même un CMS wordpress rélicable sur un hébergement mutualisé qui appartient à la structure dont je parlais tout à l’heure.

À Lille s’est donc déployé un ensemble de sites et d’outils numériques réplicables.

En présentiel, les rencontres régulières permettre de faire en sorte que cette dynamique et ces actions autour de la question des communs existent et se maintiennent dans le temps.

Ces réflexions sont propres aux communs, et un peu différentes des échanges que nous pouvons développer à Lille autour des Tiers-Lieux.


Combien de personnes contribuent-elles à l’Assemblée des communs à Lille ?

Aujourd’hui, le groupe de l’assemblée des communs de Lille est constitué d’un noyau dure de 15 à 20 personnes. Pour l’instant, ce n’est pas un réseau qui est censé devenir énorme. C’est un réseau qui doit vérifier que d’autres projets avancent, qui ont leur propre fonctionnement et leur propre autonomie. On ne sait pas trop ce que cela va devenir après.

Récemment, nous avons défini une charte que nous avons nommé Charte des pratiques.

La Charte des pratiques décrit ce que nous sommes actuellement. Ce n’est pas une charte des valeurs, ou de ce que nous pourrions devenir. Nous avançons en marchant, en fonction des vides que nous identifions et qu’il nous semblent important de combler sur la question des communs.


Quels sont les liens entre l’Assemblée des communs de Lille et les initiatives similaires dans d’autres villes ?

Les échanges existent entre les différentes Assemblées des communs du fait que la documentation de se fait sur les mêmes espaces numériques. Aussi, les actions des autres sont visibles par tous.

Nous sommes ainsi tous plus ou moins en lien. Il y a parfois des différences de nom entre les initiatives. Par exemple, à Lyon, l’initiative se nomme Fabrique des communs.

Mais finalement, c’est pareil. Peu importe le nom si les mêmes travaux sont menés.

Quelque soit le nom des différentes initiatives autour des communs, c’est leur mise en lien, leur identification et la reconnaissance collective qui compte.

Il y a plein de territoires où la question de mise en lien avec d’autres initiatives sur d’autres territoire se pose. De la même manière, beaucoup de territoires s’interrogent sur la manière de relier leurs lieux. On a des réseaux de tiers-lieux partout, des makerspaces, des fablabs.

À un moment donné, les gens qui font du commun se fédèrent de manière plus large parce que cela fait sens et que c’est un vrai outil pour faire avancer toutes les briques. Nous rencontrons tous à l’échelle de nos territoires les mêmes problématiques, que ce soit celui qui fait des semences à celui qui essaie de monter un lieu ou un logiciel. Nous avons souvent les mêmes enjeux de gouvernance.

Cette mise en lien va se faire au fur et à mesure. Il faut juste réussir à s’identifier. Tout comme dans le réseau des tiers-lieux, il y a des réseaux partout. Certains sont en coopératives, d’autres en collectifs très ouverts ou d’autres encore en collectifs plus structurés. Finalement nous avons tous le même rôle et il est extrêmement riche de réussir à se relier.

Assemblées des communs. Bonnes pratiques

À Lille, lorsque nous avons démarré, nous étions deux ou trois personnes. Puis de plus en plus de gens sont venus.

Nous avons mis en place des formats de rencontre privilégiant le faire.

On début, nous avons même un peu forcé les choses. Nous venions, et nous nous mettions en action au travers des ateliers et des espaces de contribution. Certains appelaient d’autres personnes pour qu’elles les rejoignent dans ces actions.
Cela n’a pas complètement marché.

Notre expérience nous a fait prendre conscience qu’il fallait d’une part un espace de discussion et d’autre part un espace pour avancer concrètement.

Nous avons mis en place des temps de discussion au travers par exemple un repas partagé régulier. Dans ce cadre, nous partageons les nouvelles. C’est assez calme et agréable.
Et développer des actions, nous testons des formats en étant très attentif à la configuration du lieu. Par exemple, si l’on aménage l’espace avec une table ronde, nous sommes sûrs que l’atelier va prendre la forme d’une discussion, alors que si nous disposons au préalable quelques tables de travail distinctes, avec un internet qui marche bien, nous savons que les gens vont se mettre en action. Et pour peu qu’il y ait un tableau blanc, où l’on peut commencer à noter ce que l’on va faire, cela nous autorise du coup à commencer à faire. En fait, on n’ose pas commencer à faire tout seul si on n’a pas préalablement commencé à indiquer aux gens ce que l’on est en train de faire, et que cette action fait sens par rapport au collectif.

Il y a un petit design à faire pour que l’Assemblée des communs soit un temps de rencontre où l’on discute, moment essentiel mais qui doit néanmoins s’articuler à l’action pour pérenniser la communauté.

Design de la contribution

Essaimage

2 Comments

  1. Pingback: Communs et cartographie des réseaux | Note(s)

  2. Pingback: Assemblée(s) des communs | Note(s)

Laisser un commentaire