Anne-Sophie Olmos

Entretien avec Anne-Sophie Olmos, Conseillère municipale en charge du Contrôle de gestion et de la Commande Publique à la Ville de Grenoble. Enregistré le 25 juillet 2017 à Grenoble, France.

Histoire politique récente de Grenoble

Nouveaux municipalismes et réseaux francophones

Gestion des ressources naturelles à Grenoble

Comité des usagers

Féminisation de la politique

Dans le cadre de l’événement Fearless Cities, la dynamique de féminisation de la politique était très importante. Cela m’a vraiment fait réfléchir.

À Grenoble, notre équipe porte déjà beaucoup cette question-là et est très attentive aux enjeux de parité, notamment au travers nos système de coprésidence. L’adjoint à l’Égalité des Droits fait énormément, et plusieurs de ses actions ont été en avance de phase.
Cependant, cette dynamique n’est pas si présente, ou du moins si exposée, qu’elle ne l’était à Barcelone.

Je pense que les femmes ont quelque chose à apporter en plus de ce qui existe déjà dans la politique.

Je pense que la présence des femmes en politique peut favoriser une approche par les communs, et des pratiques plus collaboratives et moins compétitives.

Assemblées des communs à Grenoble

Pour raconter le genèse des Assemblées des communs à Grenoble, je commencerais par décrire ma propre expérience. Tout à commencer lorsque j’ai lu l’ouvrage Sauver le monde : vers une économie post-capitaliste avec le peer-to-peer (1) de Michel Bauwens.
Je me suis dit qu’on entendait de plus en plus parler de communs, que la notion de communs commençait à être familière pour le plus grand nombre. Mais j’avais envie, au-delà de la notion de biens communs, de comprendre de quoi il retournait. Je me suis dcumentée, notamment en consultant les ressources en ligne sur les Assemblées des communs.

À mon niveau, en tant qu’élue en charge du contrôle de gestion et des modes de gestion, je me suis demandé ce que cela pouvait donner d’adapter le commun comme mode de gestion au secteur public.

J’ai eu envie de creuser cette question.

En parallèle des réflexions, je vivais tous les épisodes de Nuit Debout.

À Grenoble s’étaient constituées des assemblées sur les communs. Comme je travaillais sur le sujet, je me suis rendue à une assemblée. J’ai rencontré David Gabriel Bodinier, qui était en charge d’organiser cette assemblée lors de Nuit Debout.

Nous avons échangé sur la thématique des communs, et à partir de là, nous avons décidé de lancer une expérimentation autour des Assemblées des communs à Grenoble.
Au début, nous avons tout simplement invités des acteurs grenoblois et métropolitains à venir échanger sur les communs. Nous avons invité des gens qui, selon nous, étaient concernés par cette question même si cette notion de communs de leur était pas forcément familière.

Quelques mois plus tard, s’organisait à Grenoble la Biennale de Villes en transition. Nous avons pensé que c’était une occasion de mobiliser un petit groupe sur cette thématique des communs.

Après avoir réussi notre mobilisation d’acteurs, un noyau de personnes a monté une première Assemblée des communs pendant la Biennale de Villes en transition 2017.

Nous avons alors constitué quatre groupes dédiés à des thématiques spécifiques : les ressources naturelles, la connaissance et la culture, les communs urbains, le bien-être et à la santé.

Cette première rencontre a été un petit succès, réunissant un peu plus de cinquante personnes. Cela a bien fonctionné et trois des groupes sont très actifs encore aujourd’hui. Ils se rencontrent assez régulièrement, de manière autonome, et continuent à creuser les sujets qui ont été ciblés pendant la première Assemblée des communs.
Nous nous sommes donnés pour objectif de faire un événement réunissant tous ces groupes trois fois par an.

Enjeux des Assemblées des communs à Grenoble

Vers de nouvelles instances de coopération entre citoyens et Puissance publique

Partenariats Public-Communs

Démocratie et communs

Je l’intéresse au lien entre démocratie et communs. Aujourd’hui, on parle beaucoup de démocratie participative. Mais je trouve que ces dynamiques s’inscrivent dans des logiques de compétition : un projet contre un autre, un vote, une pétition. Nous nous exprimons beaucoup “contre”, mais très peu de manière collaborative.

J’aimerais bien que l’on passe plus de temps à travailler sur la démocratie participative en mode collaboration, c’est-à-dire prendre l’habitude de travailler collectivement les problématiques de société.

La Puissance Publique comme facilitatrice des communs

Quelque chose m’a frappé au retour de Barcelone après l’événement strong>Fearless Cities. Je trouve que dans la culture française, les citoyens, les entreprises, les associations attendent vraiment beaucoup du secteur public. Nous souhaitons donner notre avis à tout prix, mais nous souhaitons aussi voir le secteur public faire “à la place de”.
J’ai l’impression que dans d’autres pays, les dynamiques sont plus volontaristes et les gens n’attendent pas dès qu’ils ont la possibilité de faire. Ils n’attendent pas tout du secteur public.

Mon souhait serait que l’on arrive à vraiment tous se rencontrer et que le secteur public joue davantage un rôle d’accélérateur, de facilitateur en vue de la mise en réseau.

Bien sûr, le secteur public a un rôle a joué du point de vue du financement des structures et des initiatives. Mais tout le monde sait que le secteur public a de moins en moins de moyens.
Le secteur public a aussi un rôle support de soutien, de valorisation, de mise en réseau, c’est-à-dire de facilitateur.

(1) 2015, « Sauver le monde : vers une économie post-capitaliste avec le peer-to-peer » de Michel Bauwens avec la collaboration de Jean Lievens, Préface de Bernard Stiegler, (ISBN 979-10-209-0183-5)

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